Pour faire exister les agencements socio-techniques nécessaires aux projets de vie définis par les malades, l'AFM a dû soutenir l'innovation. L'innovation sociale, mais également l'innovation technique. Développer une politique de l'innovation, c'est d'abord se libérer du fameux syndrome : NIH (Non Invented Here). De ce point de vue, l'AFM a été exemplaire. Elle n'a eu de cesse d'aller voir dans d'autres pays ce qui était fait et ce qui était en gestation. Pour revenir en France, non seulement avec des idées et des programmes mais aussi avec des preuves: ce que d'autres font, la France peut le faire également.
"L'AFM va très loin dans la proposition de matériels innovants. Dans la mise en place de réseaux de nouvelles technologies, dans la diffusion, dans les essais, dans le travail d'adaptation. Ca nous a beaucoup aidés "
" L'AFM n'a jamais pensé qu'elle savait tout ou que les choses étaient figées. Elle a toujours été voir ailleurs comment ça se passait. Il y a le Québec et leur conception des situations de handicap. Il y a également le voyage de Claire Hamon et de Bernard Barataud au Danemark. Le Danemark, c'est un des pays qui a su depuis longtemps mesurer ce que ça pouvait vouloir dire en termes de coûts sociaux réels, de sortir les gens de la société ou de les accompagner pour qu'ils y restent et qu'ils aient une vraie vie, des projets et qu'ils vivent autonomes. C'est de là qu'est venue l'idée des services régionaux et des techniciens d'insertion. C'est venu des équipes que le Danemark avait mises en place. L'association danoise, la VSN, avait déjà à cette époque-là des équipes d'accompagnement en place dans un contexte bien plus favorable que le nôtre. A cette époque-là, au Danemark, il y avait déjà un ergo dans chaque municipalité pour accompagner toute personne en perte d'autonomie, quel que soit son âge, handicapée ou personne âgée. Ca a donné le technicien d'insertion
" L'AFM a joué un rôle dans cette investigation permanente pour aller voir à l'extérieur quelles étaient les solutions. Je suis très frappée par le fait qu'il y a eu des voyages en Angleterre, au Danemark, ensuite au Québec, simplement pour rassembler des informations, des expériences. Et remouliner tout ça à la sauce française. Alors que les associations de malades, très souvent, ont un côté un peu paroissial et elles hésitent, pour des raisons qui se comprennent bien, à sortir. Ce n'est pas le cas de l'AFM."
"Dans un premier temps, l'AFM va chercher, elle va voir à l'étranger et elle ramène".