Le concept était à peine connu. C’est dans les années 1990 -1995 qu’ont eu lieu les premiers pas de la thérapie génique. En 1990, aux Etats-Unis, le premier essai de thérapie génique mené par WF Anderson et RM Blaese, chez une fillette atteinte d’un déficit immunitaire sévère dû à un déficit en adénosine désaminase (ADA), par transduction de ses lymphocytes par un vecteur rétroviral exprimant le gène ADA, démontre la faisabilité de la thérapie génique ex vivo. En 1991, J. Wilson obtient les autorisations du NIH américain pour conduire son essai dans l’hypercholesterolémie familiale à l’aide de vecteurs rétroviraux par thérapie génique ex vivo dans le foie. En 1992, 8 essais de thérapie génique sont en cours aux USA : 5 concernent des tumeurs, 2 visent à corriger le déficit en adénosine déaminase et 1 concerne le récepteur LDL.
En Europe, à la fin de l’année 92, C. Bordignon (Milan) mène un essai chez 2 enfants atteints de déficit en adénosine déaminase, en utilisant des vecteurs rétroviraux introduits dans des cellules de la moelle osseuse. L’administration de cellules modifiées permet de restaurer les fonctions immunitaires (Science, 95). Cette technique a été développée par l’équipe d’Alain Fischer pour l’immunodéficence liée à l’X (X-SCID).
En France, c’est pour les traitements anti-cancéreux que se déroulent les premières expériences à Lyon et à Villejuif. Mais, déjà un essai débute à Necker sur 3 enfants avec déficit en ADA (A. Fischer et D. Valério, chercheur hollandais, Gene Therapy 1996 ).