Au moment du premier Téléthon, les familles sont isolées, elles se démènent souvent seules pour affronter les conséquences de la maladie. Elles ne s'autorisent pas à exprimer la souffrance, la fatigue, la nécessité de la permanence des aides familiales. Il y a tant de problèmes à résoudre que la plupart des familles prennent sur elles et ne peuvent abandonner ce combat quotidien.
La priorité de l'Association est alors de faire prendre en compte des aspects urgents non traités à cette époque comme un diagnostic fiable, des soins de qualité pour améliorer la vie, des aides techniques pour soulager et permettre d'agir.
La notion de répit n'existe pas, le droit au répit non plus : souvent le droit de se taire et de faire face tout seul, dans le confinement d'un appartement ou d'une maison souvent inaccessible. Pourtant, dans chaque rencontre avec les familles, revient inlassablement le discours des parents épuisés de se lever 10 fois par nuit pour bouger un membre douloureux du fait de l'immobilité, de courir de consultations en hôpital, de remplir des tonnes de papiers pour faire comprendre la situation insupportable dans laquelle elles se trouvent.
A cette époque, la société, les professionnels sont sourds et aveugles. Personne ne veut entendre ou ne peut entendre cette plainte constante, ces yeux gonflés par manque de sommeil, ces couples qui volent en éclat. Il y a tant à faire...
Au sein même de l'association, dès 1987, ce besoin si sensible s'exprime. Les familles se regroupent pour s'épauler, le groupe amyotrophie spinale tente de partager ce quotidien en rédigeant un livre blanc, les permanences téléphoniques rapprochent les personnes et bâtissent des réseaux de familles. Les premiers Services Régionaux d'Aides et d'Information voient le jour pour apporter des solutions pratiques aux familles pour soulager leur quotidien