Les techniques d’assistance respiratoire mises au point, dès les années 50, pour traiter, les paralysies respiratoires des personnes souffrant de poliomyélite avaient régulièrement progressé modifiant considérablement le pronostic vital des personnes insuffisantes respiratoires. En France, ces techniques étaient rarement proposées pour pallier l’insuffisance respiratoire des personnes atteintes de myopathies de Duchenne. Dans les années 1980, sous l’impulsion de quelques médecins isolés, relayés largement par les familles et l’AFM, ces techniques vont être mises en pratique dans les maladies neuromusculaires. Se pose alors la question de l’insertion sociale des personnes bénéficiant d’une assistance respiratoire et, plus largement, des malades en situation de grande dépendance.
En décembre 1980, l’AFM ouvre, à St Georges/Loire (49), la Résidence La Forêt, établissement unique sur le territoire français pour accueillir et soigner 60 personnes atteintes de maladies neuromusculaires (Centre d’hébergement et de soins). En 1982, La Forêt accueille, pour la première fois, des malades neuromusculaires trachéotomisés en provenance de Garches. Les appareils d’assistance respiratoire ne leur permettent alors pas de se déplacer sauf à réaliser des installations dangereuses. Les malades restent confinés dans leur chambre. 1984 voit la mise en place des premiers respirateurs embarqués sur fauteuil.
L’autonomie des personnes insuffisantes respiratoires, et plus largement des personnes en situation de grande dépendance, ainsi que leur volonté de vivre comme les autres, devient une problématique centrale dans la stratégie de l’AFM pour la conquête de la citoyenneté.