Un nombre limité de maladies neuromusculaires est connu : on parle de 40 maladies à combattre. Le gène responsable est identifié dans une seule de ces pathologies, la myopathie de Duchenne (1986), et localisé dans quatre autres : la maladie de Charcot-Marie-Tooth liée à l'X (1985), la glycogénose musculaire de type V ou syndrome de McArdle (1984), l'amyotrophie spinale liée à l'X ou syndrome de Kennedy (1986), la dystrophie musculaire d'Emery-Dreifuss liée à l'X (1985).
On dénombre très peu de médecins spécialistes pour ces maladies, hormis quelques pionniers à Garches, Poitiers, La Pitié-Salpêtrière, Marseille... Les familles errent souvent de médecin en médecin avant de se voir poser le bon diagnostic. L'accès à la biologie moléculaire étant inexistant et l'origine génétique de très peu de maladies connue, il y a beaucoup d'erreurs de diagnostic et donc d'erreurs de pronostic, ce dernier point étant sans doute le plus insupportable pour les parents. Ceci influe négativement sur la prise en charge. L'annonce du diagnostic est mal « protocolisée » et très souvent mal vécue (verdict implacable, absence de réponse de la médecine, pronostic vital incertain, absence d'accompagnement psychologique). Ainsi, on assiste bien souvent à un défaitisme médical et donc à une abstension thérapeutique.
En ce qui concerne le conseil génétique, on dénombre peu de généticiens cliniciens impliqués dans ces maladies dites incurables et à la mauvaise réputation. Le conseil génétique s'appuie sur un simple calcul statistique de risque (théorème de Bayes dans la DMD par ex.) et conduit à des erreurs fréquentes. L'absence de connaissances sur le risque de transmission génétique des maladies neuromusculaires les plus rares ou les plus complexes ne permet pas de proposer un diagnostic prénatal. Le diagnostic pré-implantatoire n'existe pas. Il n'existe pas de financement spécifique pour les tests génétiques lesquels ont du mal à dépasser le cadre des laboratoires de recherche et à s'incrire dans la routine.